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Kimono : types, histoire et façons de le porter aujourd’hui

25 juin 2026 24 min de lecture Mis a jour 25 juin 2026

En bref

  • Un vêtement millénaire né sous influence chinoise, le kimono est devenu le symbole discret mais puissant de la culture japonaise, encore présent dans le quotidien en 2026.
  • Des types de kimono variés : furisode, tomesode, yukata, montsuki, mais aussi vestes kimono modernes, chacun avec ses usages, saisons et niveaux de formalité.
  • Une fabrication très codifiée basée sur le tissu traditionnel en rectangles de soie, coton ou lin, et sur des techniques de teinture et de broderie qui racontent les saisons et les souhaits.
  • Le port du kimono obéit à une étiquette kimono précise : pan gauche par-dessus le droit, ceinture obi adaptée à l’occasion, accessoires choisis en fonction du rang et de la saison.
  • Modernisation du kimono : des maisons de couture aux marques de prêt-à-porter, le vêtement traditionnel se transforme en veste fluide, peignoir sophistiqué ou pièce forte de la mode japonaise et occidentale.
  • Porter le kimono aujourd’hui : au bureau, en vacances, en ville ou pour une cérémonie, il existe des combinaisons concrètes pour l’intégrer à une garde-robe contemporaine sans caricature.

Kimono traditionnel japonais : comprendre l’histoire du kimono pour mieux le porter

Le mot kimono signifie littéralement « chose à porter », à partir des verbes japonais kiru (porter) et mono (chose). Derrière cette traduction très simple se cache pourtant plus d’un millénaire d’évolution, du sous-vêtement pratique au vêtement cérémoniel chargé de sens dans la culture japonaise.

Les spécialistes font remonter l’histoire du kimono à l’influence de la Chine impériale sur le Japon, autour du VIIᵉ siècle. Les élites japonaises s’inspirent alors des tenues de cour chinoises : longues robes, manches larges, superpositions. Les premiers kimonos servent de couche intermédiaire, portée avec des pantalons ou des jupes et une grande veste. Rien encore de la silhouette emblématique unique que le public imagine aujourd’hui.

Le tournant se joue pendant la période Heian (794‑1185). Le vêtement cesse d’être seulement fonctionnel et devient un véritable marqueur social. Les dames de cour multiplient les couches colorées, parfois jusqu’à douze, dans un jeu de superpositions appelé jūnihitoe, où chaque couleur reflète la saison, la position à la cour ou même l’état d’esprit du moment. Le kimono se couvre alors de broderies, de motifs floraux et de paysages stylisés, et offre à distance un indice sur la place de la personne dans la société.

À partir du XIVᵉ siècle, la coupe rectiligne se généralise. Le vêtement se porte par‑dessus les autres couches et se simplifie, ce qui permet de l’adapter à toutes les morphologies sans retouche. Cette structure faite de larges rectangles de tissu cousus sans être recoupés favorise aussi la réutilisation. Un kimono usé peut être démonté, transformé en vêtement pour enfant ou en futon. Le vêtement traditionnel s’inscrit déjà dans une logique de sobriété matérielle qui parle beaucoup aux lecteurs sensibles aux enjeux de durabilité aujourd’hui.

L’époque Edo (1600‑1868) marque l’apogée du kimono comme tenue commune. Samouraïs, marchands, artisans, femmes de tous milieux le portent au quotidien, avec des tissus et des motifs adaptés au rang de chacun. Les lois somptuaires restreignent l’ostentation, ce qui pousse les artisans à développer des techniques de teinture et de tissage extrêmement sophistiquées pour cacher la richesse dans les détails : doublures luxueuses, contrastes subtils, symboles discrets.

Au XIXᵉ siècle, l’ouverture du Japon à l’Occident bouleverse cet équilibre. Les élites adoptent peu à peu le costume trois pièces et la robe européenne, jugés plus pratiques pour les affaires et la vie urbaine moderne. Le kimono recule dans l’espace public, mais reste présent aux moments clés de la vie : mariage, arrivée à l’âge adulte, funérailles, cérémonie du thé. En parallèle, il commence à voyager. Les expositions universelles fascinent les couturiers européens qui découvrent sa coupe et ses motifs. Cette rencontre déclenche déjà une forme de modernisation du kimono hors du Japon.

Au XXᵉ siècle, la circulation s’intensifie. Des créateurs comme Kenzo Takada popularisent des silhouettes inspirées du kimono sur les podiums parisiens. Plus tard, Jean Paul Gaultier dessine le célèbre kimono rouge de Madonna, Alexander McQueen réinvente le vêtement pour Björk, et des créatrices japonaises comme Junko Koshino bousculent les codes avec des volumes radicaux. Dans le même temps, au Japon, des boutiques spécialisées continuent de louer des tenues traditionnelles, notamment à Kyoto autour des quartiers de temples, où les visiteurs enfilent un yukata ou un kimono pour se promener parmi les pavillons historiques.

En 2026, le kimono n’est plus la tenue du quotidien de la majorité des Japonais, mais il garde une présence très forte. On le croise aux cérémonies de remise de diplôme, aux mariages shintô, dans certains quartiers de Kyoto ou Kanazawa, lors des festivals d’été. Il inspire aussi la mode japonaise contemporaine : vestes kimono courtes, manteaux croisés, peignoirs structurés. Comprendre ce parcours historique aide à mesurer ce que l’on fait quand on enfile un kimono aujourd’hui, qu’il soit traditionnel ou revisité.

kimono types histoire porter — illustration article tonegawa.fr

Types de kimono traditionnels et versions modernes : repères pour s’y retrouver

Le mot kimono recouvre en réalité une grande diversité de pièces. Sans repères, il devient difficile de distinguer un vêtement de cérémonie très formel d’un simple yukata d’été ou d’une veste inspirée du kimono mais pensée pour la rue. Définir les principaux types de kimono permet d’éviter les contresens, surtout si vous envisagez une location au Japon ou un achat en ligne.

Les grands types de kimono formels

Dans le registre traditionnel, quelques catégories dominent. Le furisode se reconnaît à ses longues manches flottantes, parfois presque jusqu’au sol. Il est réservé aux jeunes femmes célibataires et se porte pour les grandes occasions, comme la cérémonie de la majorité à 20 ans ou les mariages d’amis. Les couleurs sont franches, les motifs souvent dynamiques : grues, fleurs de saison, éventails.

Le tomesode, au contraire, se destine aux femmes mariées. Les manches sont plus courtes, les motifs concentrés sur le bas du vêtement, la partie supérieure restant unie. Les couleurs deviennent plus sobres, souvent noires ou sombres pour les formes les plus formelles, appelées kurotomesode. Ce dernier est typiquement porté par la mère de la mariée ou du marié lors d’une cérémonie traditionnelle.

Côté masculin, le montsuki haori hakama représente l’équivalent formel : un kimono noir orné d’armoiries familiales, porté avec un pantalon ample plissé (hakama) et une veste (haori). Il sert pour les mariages, les cérémonies universitaires ou certaines représentations d’arts traditionnels comme le théâtre nô.

Yukata, haori, vestes : les pièces plus décontractées

À l’autre extrémité du spectre, le yukata est un kimono léger en coton, initialement destiné aux bains publics et aux nuits d’été. On le porte aujourd’hui aux festivals estivaux, avec des sandales en bois geta et souvent une ceinture obi plus simple. Les motifs floraux, les vagues stylisées ou les feux d’artifice y sont très fréquents.

Le haori est une veste courte qui se porte par‑dessus le kimono. De plus en plus, ce vêtement est détourné comme veste à part entière sur un jean ou un pantalon de ville. Ce pont naturel entre le vêtement traditionnel et le dressing contemporain explique en partie la modernisation du kimono dans la rue à Tokyo ou Osaka.

Au rayon prêt‑à‑porter, on trouve désormais des vestes dites « kimono » qui reprennent les manches amples et la coupe droite, sans respecter pour autant toutes les règles du vêtement traditionnel. Certaines sont coupées dans un tissu traditionnel japonais, comme le coton kasuri ou le lin tissé serré, d’autres dans des matières occidentales plus techniques. Ces pièces permettent d’adopter un clin d’œil au kimono sans se lancer dans l’apprentissage complet de l’habillage traditionnel.

Tableau comparatif des principaux types de kimono

Type de kimono Public principal Niveau de formalité Saison et usage
Furisode Jeunes femmes célibataires Très formel Cérémonies (majorité, mariages, remises de diplôme)
Tomesode / kurotomesode Femmes mariées Formel à très formel Mariages, événements familiaux importants
Montsuki haori hakama Hommes Très formel Cérémonies, arts traditionnels
Yukata Femmes et hommes Décontracté Festivals d’été, ryokan, bains
Haori (veste) Femmes et hommes Variable Par-dessus kimono ou en veste urbaine

Ces catégories restent des repères. Dans la pratique, les frontières s’assouplissent, notamment chez les jeunes adultes qui mélangent parfois yukata et accessoires occidentaux lors des festivals de printemps, par exemple pendant la saison des cerisiers en fleurs. Garder en tête ce tableau permet toutefois d’aborder une boutique spécialisée ou un site de location avec plus de sérénité.

Tissus, motifs et accessoires kimono : ce que votre tenue raconte sans un mot

Un kimono ne se résume pas à sa forme. Le choix du tissu traditionnel, des couleurs, des motifs et des accessoires kimono transforme totalement le message envoyé. Au Japon, ces éléments ne sont pas décoratifs par hasard : ils s’inscrivent dans un calendrier saisonnier et dans un système de symboles très structuré.

Les tissus utilisés : soie, coton, lin, fibres modernes

Les kimonos les plus formels sont généralement en soie. On trouve plusieurs qualités : soie lisse brillante pour les furisode, soie crêpe appelée chirimen pour un tombé plus lourd, soie tissée façon rinzu avec des motifs jacquard qui apparaissent dans la lumière. Ces soies nécessitent un entretien professionnel et un stockage soigneux, ce qui explique que beaucoup de familles conservent encore un ou deux kimonos « de cérémonie » transmis d’une génération à l’autre.

Les yukata sont le plus souvent en coton, parfois mélangé à un peu de polyester pour faciliter le lavage maison. Le coton respirant convient aux étés humides japonais, notamment lors des festivals de feu d’artifice. On commence aussi à voir des kimonos urbains en lin ou en fibres végétales comme la ramie, appréciés pour leur fraîcheur.

Les créateurs contemporains introduisent des tissus techniques : mélanges laine‑polyester pour des manteaux kimono d’hiver, matières satinées pour des vestes mi‑saison inspirées du peignoir. Cette évolution fait partie de la modernisation du kimono, tout en gardant la coupe rectiligne d’origine.

Motifs et symboles sur le kimono

Les motifs traditionnels japonais ont souvent un sens très précis. Le dragon évoque la puissance et la protection, la grue symbolise la longévité et le bonheur conjugal, le bambou suggère la résilience. Les fleurs indiquent souvent la saison : prunier en fin d’hiver, cerisier au printemps, iris et hortensia au début de l’été, érable et chrysanthème à l’automne.

Porter une fleur hors saison peut surprendre dans un contexte traditionnel, même si la mode contemporaine assouplit cette règle. Dans les quartiers résidentiels de Tokyo, il n’est pas rare de croiser en avril un yukata moderne aux feuilles d’érable stylisées, porté simplement pour le plaisir graphique. En revanche, pour une cérémonie stricte, le respect des saisons reste de mise.

Les techniques de teinture et de décoration comptent aussi. La teinture shibori, obtenue par ligatures du tissu avant coloration, produit des motifs ponctuels en relief. La technique yūzen permet des peintures très détaillées, parfois complétées de broderies à la main. Ces procédés augmentent le prix du kimono, mais donnent aussi une profondeur très particulière aux couleurs.

Accessoires kimono : obi, obiage, obijime et chaussures

Les accessoires kimono structurent la tenue autant que le vêtement principal. La ceinture obi est la pièce la plus visible. Large, rigide pour les cérémonies, elle se noue dans le dos selon plusieurs styles : nœud carré otaiko pour un registre classique, nœud plus volumineux bunko pour un kimono léger d’été. Des obis plus souples et étroits existent pour les vestes kimono modernes ou les yukata.

L’obiage est un foulard qui vient se glisser au‑dessus de l’obi, tandis que l’obijime est un cordon qui se noue sur la ceinture pour l’aider à tenir. Le choix de leur couleur permet de créer des contrastes ou, au contraire, des harmonies très subtiles. Dans les familles qui conservent plusieurs ensembles, il est courant de changer d’obiage ou d’obijime selon la saison, sans changer le kimono lui‑même.

Aux pieds, les tongs en bois geta se portent surtout avec les yukata et les vêtements d’été. Les sandales zori, plus proches d’un escarpin à talon bas, accompagnent les kimonos formels, avec des chaussettes séparant le gros orteil, les tabi. Beaucoup de jeunes Japonais mélangent aujourd’hui kimono et baskets blanches pour certains événements informels, ce qui montre encore une fois la souplesse de la mode japonaise quand le contexte le permet.

Chaque élément parle : matière, couleur, motif, accessoire. Comprendre ce langage silencieux aide à choisir une tenue cohérente, mais aussi à apprécier différemment les silhouettes croisées lors d’un voyage ou sur des photos anciennes.

Étiquette kimono et port du kimono : les gestes à connaître

Le port du kimono n’est pas uniquement une question d’esthétique. Il repose sur une série de gestes et de règles qui forment ce que l’on peut appeler l’étiquette kimono. Même si vous portez une version moderne, connaître ces bases permet d’éviter des maladresses, notamment si vous louez un kimono lors d’un séjour au Japon.

Les étapes clés pour enfiler un kimono traditionnel

Un habillage traditionnel comprend plusieurs couches. On commence par un sous‑vêtement spécial, le hadajuban, puis une robe légère appelée nagajuban. Ces deux couches protègent le kimono principal de la transpiration et facilitent l’entretien, surtout s’il s’agit d’une pièce en soie.

Vient ensuite le kimono proprement dit. La règle est très simple à retenir : toujours croiser le pan gauche sur le pan droit. L’inverse, droit sur gauche, est réservé aux morts lors des rites funéraires. Les employés des boutiques qui habillent les visiteurs veillent à cette règle, mais il reste utile de la connaître si vous ajustez vous‑même votre tenue dans un miroir.

Une fois le vêtement croisé, on le maintient avec une cordelette appelée koshi‑himo, puis avec une ceinture de maintien plus large, le datejime. Ce n’est qu’après cette étape que l’on installe la ceinture obi décorative. Pour une tenue féminine, l’obi se noue dans le dos, à hauteur de la taille ou légèrement plus haut selon le style choisi. Le tout prend en général une vingtaine de minutes pour quelqu’un de formé, davantage pour un débutant.

« Avant d’enfiler un kimono traditionnel loué dans une boutique, vérifiez simplement que le pan gauche recouvre le droit et laissez le personnel vous guider pour l’obi : leur geste est rodé et fait partie de l’expérience. »

Comportement, posture et petites attentions

Porter un kimono modifie la manière de marcher et de s’asseoir. La coupe longue et droite incite à faire des pas plus courts, les pieds légèrement rapprochés. Les manches amples poussent à garder les bras près du corps, ce qui crée une élégance très particulière. S’asseoir en tailleur peut devenir inconfortable avec un obi rigide ; s’asseoir à genoux, en position seiza, reste plus cohérent avec le vêtement, même si cette posture peut fatiguer les personnes peu habituées.

Certaines attitudes sont déconseillées avec un kimono traditionnel, surtout dans un cadre cérémoniel : fumer en marchant dans la rue, manger des aliments très salissants en tenant la manche haute, traîner le bas du vêtement dans des escaliers sales. Ces règles relèvent autant de la politesse que de la préservation d’un vêtement souvent coûteux ou loué.

En revanche, une tenue inspirée du kimono portée en ville à Paris, Montréal ou Bruxelles s’accompagne de règles beaucoup plus souples. Un rappel reste utile : même dans un contexte occidental, éviter le croisement droit sur gauche par respect pour la symbolique japonaise.

Cas particulier du yukata en ryokan ou onsen

Dans les auberges traditionnelles appelées ryokan et dans de nombreux bains publics, un yukata est mis à disposition des clients. On le porte pour aller du bain à la chambre, pour dîner dans la salle commune ou pour se détendre sur les tatamis. Le croisement gauche sur droit s’applique ici aussi.

Les établissements fournissent souvent une ceinture simple et parfois une veste courte. Le registre est décontracté : il est normal de voir les clients marcher en claquettes, cheveux encore humides, dans les couloirs. Pour les questions de santé liées aux bains chauds ou à la température de l’eau, la meilleure source reste un professionnel de santé. Les articles centrés sur la culture se limitent aux usages, sans promettre de bénéfice médical.

Connaître ces usages transforme complètement l’expérience. Le kimono cesse d’être un costume de théâtre pour devenir un vêtement à vivre, avec ses codes mais aussi ses zones de flexibilité selon le contexte.

Modernisation du kimono et mode japonaise : du podium à la rue

Le rapport des Japonais au kimono évolue vite depuis quelques décennies. Le vêtement, longtemps réservé aux grandes occasions, trouve une nouvelle place dans la mode japonaise quotidienne à travers des formes hybrides. En parallèle, l’Occident adopte ses codes pour créer vestes, robes et peignoirs inspirés de cette coupe.

Créateurs, pop‑culture et diffusion mondiale

Les maisons de couture japonaises ont largement contribué à remodeler l’image du kimono. Kenzo, Issey Miyake, Yohji Yamamoto ont expérimenté les manches amples, les cols croisés, la taille ceinturée, sans reproduire à l’identique la structure traditionnelle. Ces silhouettes ont marqué les podiums parisiens dès la fin du XXᵉ siècle et ouvert la voie à une interprétation plus libre du vêtement.

Dans la musique et la pop‑culture, le kimono devient une pièce de scène. Le kimono rouge porté par Madonna, les tenues de Björk signées Alexander McQueen, les costumes de certains groupes de J‑pop ou de visual kei jouent avec cette esthétique pour créer des personnages forts. Les anime et les jeux vidéo mettent aussi en avant des héroïnes en kimono stylisé, qui inspirent ensuite le cosplay dans les conventions.

Cette circulation multiplie les images de kimono, parfois très éloignées du vêtement original. Le défi consiste alors à profiter de cette richesse sans réduire la tenue à un simple déguisement, surtout lorsque l’on n’est pas japonais.

Vestes, peignoirs et manteaux inspirés du kimono

Dans le prêt‑à‑porter, on parle souvent de « veste kimono » pour désigner une pièce à manches amples, coupée dans un tissu fluide. Trois grandes familles se distinguent :

  • Le kimono structuré : veste en coton épais ou en jacquard, manches longues ou trois‑quarts, coupe nette. Elle se prête bien aux tenues de bureau minimalistes.
  • Le kimono satiné : pièce en soie ou en satin, unie ou imprimée, qui évoque davantage le peignoir de luxe. Porté ouvert sur un ensemble simple, il ajoute une note sophistiquée.
  • Le kimono long et fluide : grande veste d’été qui arrive au‑dessus de la cheville, souvent en viscose ou en coton léger. Elle se marie avec un short, un jean ou une robe longue.

Ces pièces n’obéissent pas à toutes les règles de l’étiquette kimono, mais elles intègrent une partie de son vocabulaire visuel. Leur succès s’explique aussi par la facilité de coupe : les rectangles permettent une production avec peu de chutes de tissu, ce qui rejoint des préoccupations actuelles autour du gaspillage textile.

Entre respect culturel et appropriation

Une question revient souvent : comment adopter un vêtement aussi emblématique sans donner l’impression de se déguiser ou de manquer de respect ? L’intention compte, mais quelques repères concrets aident à trouver un équilibre. Utiliser un kimono traditionnel pour un costume caricatural, sans comprendre ses codes, pose problème. En revanche, porter une veste inspirée du kimono, conçue pour un usage quotidien, ne soulève généralement pas les mêmes enjeux.

Au Japon, de jeunes créateurs encouragent d’ailleurs des clients étrangers à porter des kimonos d’occasion recoupés en manteaux ou en robes, justement pour prolonger la vie de ces textiles. La clé consiste à respecter certains symboles évidents : éviter les motifs très formels pour un usage festif hors contexte, ne pas confondre kimono funéraire et tenue de soirée, garder le croisement gauche sur droit.

Le kimono se trouve aujourd’hui à un carrefour : pièce patrimoniale précieuse dans certains ateliers, source d’expérimentation pour la mode et objet du quotidien revisité dans les rues de Tokyo. Comprendre ces dimensions aide à se positionner de manière informée, que l’on soit simple amateur, voyageur ou passionné de couture.

Comment porter le kimono aujourd’hui : idées de tenues concrètes

Une fois ces repères posés, reste la question très pratique : comment intégrer un kimono, traditionnel ou inspiré, à une garde‑robe actuelle ? L’objectif consiste à créer des silhouettes qui respectent la culture japonaise tout en restant adaptées au rythme de vie contemporain.

Au bureau : alternative au blazer

Pour un environnement de travail où le jean propre et les chaussures fermées sont acceptés, une veste kimono structurée remplace avantageusement un blazer. Un coton texturé, des manches trois‑quarts et une longueur qui s’arrête juste sous la hanche créent une ligne nette. Associée à un pantalon de tailleur gris et une chemise blanche à col mao, la silhouette reste professionnelle mais moins rigide.

Dans ce cas, on reste sur des couleurs sobres : bleu marine, charbon, beige. Un accessoire kimono discret, comme une ceinture fine rappelant l’obi, peut marquer la taille sans surcharger la tenue. Cette approche fonctionne aussi bien à Tokyo que dans une grande ville européenne.

En ville : version chic-décontractée avec baskets

Pour une journée de visites ou un week‑end, le kimono satiné ou le yukata moderne travaillé en veste apporte une touche habillée à une base très simple. Un exemple efficace : kimono en soie imprimée, tee‑shirt blanc, jean droit et baskets. L’ensemble reste pratique tout en affichant une silhouette forte.

Un sac banane porté en travers du buste ou un petit sac à bandoulière cassent le côté trop habillé du satin. Là encore, le croisement gauche sur droit reste une bonne habitude, même si le vêtement n’est pas un kimono formel.

En vacances : par‑dessus maillot ou robe d’été

Sur une plage, à la piscine d’un hôtel ou lors d’un séjour en climat chaud, un kimono long et fluide se transforme en paréo sophistiqué. Porté ouvert sur un maillot une pièce et un short en denim, il offre une protection légère contre le soleil tout en donnant une impression travaillée. Le même vêtement, jeté sur une robe longue unie pour un dîner, crée un effet bohème sans effort.

Pour ce type d’usage, privilégier des matières qui sèchent vite et supportent un lavage fréquent : coton, viscose, mélanges lin‑coton. Les teintes vives et les grands motifs floraux trouvent ici toute leur place.

À la maison : confort sans se négliger

Un kimono court structuré peut remplacer la veste de survêtement ou le cardigan à la maison. Associé à un jean ample ou à un pantalon fluide et un débardeur côtelé, il donne une silhouette décontractée mais présentable pour un appel vidéo ou une visite improvisée. Un kimono satiné sobre, quant à lui, fonctionne très bien en peignoir du matin, pour qui apprécie des matières douces.

Dans ces contextes, il s’agit moins de respecter les règles d’un kimono de cérémonie que d’emprunter la coupe pour gagner en liberté de mouvement et en confort visuel. La frontière entre vêtement d’intérieur et tenue de sortie devient plus poreuse, à condition de rester attentif à l’état du tissu et aux finitions.

Que ce soit au travail, en voyage ou chez soi, le kimono offre donc plusieurs points d’entrée. La clé reste de choisir des types de kimono adaptés au contexte, de rester attentif à quelques règles simples et de privilégier des matières cohérentes avec l’usage prévu.

Quelle est la différence entre un kimono et un yukata ?

Le kimono se compose de plusieurs couches, est souvent en soie ou en tissu traditionnel plus lourd et se porte pour des occasions formelles ou semi-formelles, en toute saison. Le yukata est une version légère en coton, non doublée, réservée surtout à l’été, aux festivals et aux séjours en ryokan. Son habillage est plus simple et l’obi utilisé est généralement plus souple.

Peut-on porter un kimono avec des baskets ?

Oui, surtout avec des vestes kimono modernes ou des yukata décontractés. L’association kimono léger, jean et baskets est courante dans la mode japonaise urbaine. Pour un kimono très formel en soie, mieux vaut rester sur des chaussures traditionnelles zori, surtout lors de cérémonies.

Est-il approprié pour une personne non japonaise de porter un kimono ?

Porter un kimono ou une veste inspirée du kimono est généralement bien accepté, notamment lorsque la démarche est respectueuse : compréhension minimale des usages, évitement des motifs funéraires ou très formels pour des fêtes déguisées, croisement gauche sur droit. Les kimonos de location à Kyoto ou dans les villes thermales s’adressent d’ailleurs aussi aux visiteurs étrangers.

Comment entretenir un kimono en soie ?

Un kimono en soie ne se lave pas en machine et doit être confié à un pressing habitué à ce type de vêtement, souvent sous la mention nettoyage kimono ou kakehari. À la maison, on le stocke à plat ou plié selon le pliage traditionnel, à l’abri de la lumière directe et de l’humidité, idéalement dans une housse respirante.

Faut-il acheter ou louer un kimono pour un voyage au Japon ?

Pour un premier séjour, la location reste souvent la meilleure option : le choix de types de kimono est large, l’habillage est pris en charge et le budget reste maîtrisé. L’achat peut se justifier si vous aimez la mode japonaise et prévoyez de porter la pièce régulièrement, ou si vous découvrez un tissu traditionnel que vous souhaitez conserver et éventuellement faire adapter en veste ou manteau.