En bref
- Le ryokan est une auberge japonaise où la chambre, le bain et les repas forment une expérience cohérente, bien au-delà d’une simple nuit d’hébergement.
- Son histoire remonte aux routes de voyageurs de l’époque ancienne. Le Nishiyama Onsen Keiunkan, dans la préfecture de Yamanashi, accueille des hôtes depuis 704.
- Un séjour comprend souvent une pièce sur tatami, un futon installé le soir, un yukata et des repas de saison, parfois servis dans la chambre.
- Les règles du bain comptent autant que le décor. Dans un onsen, on se lave avant d’entrer dans l’eau et le maillot de bain n’est généralement pas admis.
- Pour une nuit avec dîner et petit-déjeuner, prévoyez le plus souvent entre 15 000 et 25 000 yens par personne, soit environ 95 à 160 euros selon le taux de change.
Le ryokan japonais traditionnel, une auberge pensée pour le voyageur
Le mot ryokan, écrit 旅館, associe les caractères du voyage et de l’auberge. Cette origine explique sa fonction première. Avant l’essor des réseaux ferroviaires et des hôtels modernes, ces maisons accueillaient les voyageurs qui se déplaçaient à pied, à cheval ou en palanquin entre les villes et les lieux de pèlerinage.
Le modèle s’est développé dès le VIIIe siècle autour des routes du Japon ancien. Les établissements n’avaient pas tous le raffinement recherché aujourd’hui, mais ils partageaient une même idée. Le voyageur devait trouver un repas chaud, un lieu propre pour dormir et une attention adaptée à son arrivée. Cette continuité historique se lit encore dans l’organisation des auberges actuelles.
Le Nishiyama Onsen Keiunkan, installé dans les montagnes de Yamanashi, est souvent cité comme l’un des exemples les plus anciens. Fondé en 704, il figure au Guinness World Records comme le plus ancien hôtel en activité. Son cas reste exceptionnel, mais il montre que l’hospitalité japonaise ne se réduit pas à un décor de bois, de papier et de pierre.
Un établissement de ce type peut prendre des formes très différentes. Dans une ville comme Tokyo, certaines adresses occupent un immeuble contemporain et proposent des chambres d’inspiration japonaise. À Hakone, Kinosaki Onsen, Beppu ou dans les Alpes japonaises, le bâtiment est souvent plus bas, ouvert sur un jardin ou sur les reliefs. À Kyoto et Nara, des maisons anciennes restaurées misent davantage sur l’architecture, les boiseries et la proximité des quartiers historiques.
Le point commun est l’attention portée au temps passé sur place. Dans un hôtel classique, la chambre sert surtout à dormir entre deux visites. Dans une auberge traditionnelle, l’arrivée en milieu d’après-midi, le bain, le dîner et le coucher font partie du programme. Réserver une nuit lorsque l’itinéraire impose un train à l’aube est rarement une bonne idée. Le prix payé comprend une cadence plus lente, pas seulement une clé de chambre.
L’hospitalité japonaise se dit omotenashi. Le terme désigne une manière de recevoir où les besoins ordinaires sont anticipés sans mise en scène excessive. Le personnel indique où laisser les chaussures, explique l’horaire du repas, apporte le thé d’accueil et prépare parfois le futon pendant l’absence des hôtes au bain. Cela ne suppose pas une relation distante ou guindée. Il s’agit plutôt d’un service réglé, attentif et discret.
Cette précision peut surprendre lorsqu’on arrive avec les habitudes d’un hôtel européen. On vous demandera par exemple votre heure d’arrivée, car la cuisine prépare le dîner selon un service donné. Une arrivée après 18 h 30 ou 19 h peut être impossible dans les maisons qui servent un repas complet. Prévenez toujours l’établissement dès que votre train prend du retard.
La culture japonaise apparaît ici par des gestes simples. Retirer ses chaussures avant l’espace intérieur n’est pas une animation proposée aux visiteurs. C’est la séparation concrète entre le dehors et le lieu de vie. De même, marcher sans traîner une valise sur les nattes protège un matériau vivant et relativement fragile. Le tatami est constitué de paille de riz compressée, recouverte d’une surface tissée, et demande davantage de soin qu’une moquette d’hôtel.
Un ryokan ne promet pas la même chose à tous les voyageurs. Les familles peuvent apprécier une grande chambre où l’on dort ensemble. Les couples recherchent parfois un bain privatif. Les voyageurs seuls y trouvent une pause intéressante, à condition d’accepter que le coût par personne soit plus élevé. Les personnes qui privilégient la vitesse, les arrivées tardives et les repas improvisés seront souvent plus à l’aise dans un hôtel urbain.
Le séjour prend tout son sens lorsqu’il est choisi comme une étape à part entière. Une nuit dans une vallée de Nagano ou dans une ville thermale de Gunma permet de comprendre pourquoi ces auberges ont survécu aux transformations du tourisme japonais.

Chambre sur tatami, futon et yukata dans un ryokan japonais
La chambre constitue le premier décalage concret avec un hôtel occidental. Elle est généralement organisée autour du tatami, les nattes rectangulaires qui couvrent le sol. Leur taille sert encore de repère au Japon pour exprimer la surface d’une pièce. Une chambre de huit tatamis offre une place confortable pour deux personnes, avec une table basse et les assises posées au sol.
La journée, la pièce reste volontairement dégagée. Une table basse accueille le thé, les documents de l’auberge et parfois le dîner. Des zabuton, coussins de sol, remplacent les chaises. Le soir, le personnel installe le futon, c’est-à-dire le couchage posé directement sur les nattes. Il comprend un matelas pliant, une couette et un oreiller souvent plus ferme que les modèles européens.
Le futon n’est pas un couchage d’appoint. Il répond à une logique d’usage de l’espace. La même salle devient un salon pendant la journée, puis une chambre la nuit. Dans les petites auberges, cette transformation est souvent réalisée pendant le dîner. Dans les hébergements plus simples, le linge est préparé dans un placard mural et les hôtes peuvent le déplier eux-mêmes.
Les voyageurs qui craignent de mal dormir peuvent choisir une maison proposant des lits occidentaux dans une chambre de style japonais. Cette formule existe notamment dans les établissements récents ou haut de gamme. Elle évite de réserver uniquement sur une photo séduisante, puis de découvrir sur place que dormir au sol pose problème pour le dos ou la mobilité. Pour toute question médicale ou de douleur chronique, mieux vaut demander conseil à un professionnel de santé avant le départ.
Les portes coulissantes en papier tendu sur un cadre de bois sont appelées shoji. Elles filtrent la lumière sans isoler complètement du bruit. Les murs et les couloirs peuvent aussi laisser passer les sons. Il faut donc parler bas, fermer les portes sans les claquer et éviter les appels téléphoniques dans les espaces communs. Cette retenue protège la serenité recherchée par les autres hôtes.
Un yukata, vêtement léger de coton souvent traduit par kimono d’été, est généralement déposé dans la chambre. Il se porte après le bain, dans les couloirs, au dîner lorsque l’établissement l’autorise, et parfois dans les rues d’une station thermale. Le pan gauche passe toujours sur le pan droit. L’inverse est associé aux vêtements funéraires. La ceinture se noue simplement à la taille, sans chercher à reproduire le montage plus complexe d’un kimono formel.
Les sandales fournies à l’entrée servent aux sols durs. Elles ne doivent pas monter sur les tatamis. Vous les retirez avant d’entrer dans votre chambre si son sol est couvert de nattes. Les toilettes disposent parfois de chaussons distincts. Ils restent dans les toilettes, même pour un aller-retour de quelques secondes. Ce détail amuse souvent les visiteurs, mais il relève d’une règle d’hygiène claire.
Une arrivée avec une valise cabine reste bien plus pratique qu’un grand bagage rigide. Les couloirs sont parfois étroits et les escaliers anciens ne disposent pas toujours d’ascenseur. Utiliser un service de transfert de bagages entre deux hôtels peut simplifier un itinéraire, surtout lorsqu’une étape rurale suit plusieurs jours à Tokyo ou Osaka.
Le contraste est particulièrement net dans les vieux quartiers. Dans un établissement proche de Higashiyama, à Kyoto, les espaces sont parfois beaux mais compacts. À l’inverse, un bâtiment récent à Hakone peut proposer de vastes chambres avec terrasse. Si Kyoto est votre base, le guide pour choisir où dormir à Kyoto aide à distinguer les quartiers pratiques des secteurs surtout agréables en journée.
Cette simplicité apparente demande peu d’effort, mais elle change la manière d’habiter la chambre. On s’y déchausse, on s’y assied au sol, on y replie ses affaires et l’on laisse la place retrouver sa fonction au fil de la journée.
Onsen et règles de bain dans une auberge traditionnelle japonaise
Beaucoup de voyageurs associent immédiatement le ryokan à l’onsen, le bain alimenté par une source chaude naturelle. Pourtant, tous les établissements n’en possèdent pas. En ville, l’auberge peut proposer une salle de bain commune chauffée avec de l’eau ordinaire. Le mot ofuro désigne le bain au sens large, tandis qu’onsen implique une eau thermale répondant à des critères définis au Japon.
Les villages thermaux offrent la forme la plus complète de l’expérience. Hakone, Kinosaki, Kusatsu, Beppu, Noboribetsu et les régions montagneuses de Nagano regroupent de nombreuses auberges autour de sources. L’eau, les bâtiments et les promenades du soir créent une unité que les établissements urbains reproduisent difficilement. En hiver, ces destinations demandent toutefois une vraie anticipation concernant les horaires de train, les routes et les chaussures adaptées.
Avant d’entrer dans le bassin, vous vous déshabillez dans le vestiaire puis vous vous lavez soigneusement à l’espace de douche. Une petite serviette peut accompagner les déplacements, mais elle ne doit pas toucher l’eau du bain. Le bassin est réservé à la détente et à la conversation calme, jamais au lavage. Le maillot de bain n’est généralement pas porté dans les bains collectifs séparés par genre.
« Avant d’entrer dans le bain d’un onsen, vous vous lavez assis aux douches. Le bassin est partagé, et cette règle protège le confort de chacun. »
La température de l’eau est souvent élevée, fréquemment autour de 40 à 42 °C. Entrez progressivement et sortez dès que la chaleur devient inconfortable. L’onsen relève d’un usage culturel et de détente, pas d’un traitement médical à s’auto-prescrire. En cas de grossesse, de maladie cardiovasculaire, de problème cutané ou de doute sur votre situation, demandez un avis médical avant de l’utiliser.
Les tatouages demandent une vérification avant la réservation. Certains établissements les acceptent sans condition, d’autres exigent qu’ils soient couverts et certains refusent encore l’accès aux bains communs. Les bains privés, appelés kashikiri-buro, constituent une alternative pratique. Ils peuvent être inclus, accessibles sur réservation ou facturés en supplément. Une chambre avec bain extérieur privé, souvent appelée rotenburo-tsuki, augmente fortement le budget.
Le bain extérieur est un rotenburo. Il peut ouvrir sur une forêt, une rivière, une pente enneigée ou un jardin minéral. L’intérêt ne vient pas d’une promesse de bien-être universelle. Il tient au contraste entre l’eau chaude, l’air frais et le cadre local. Dans les régions froides, la vapeur rend ce moment particulièrement marquant, mais les sols peuvent être glissants. Déplacez-vous lentement et gardez vos objets électroniques hors des zones humides.
La plupart des maisons fournissent une petite serviette et une grande serviette dans la chambre ou au vestiaire. Prenez le temps de lire le règlement affiché. Il peut préciser les horaires réservés aux femmes et aux hommes, la présence de produits lavants ou les créneaux de nettoyage. Dans les petites auberges, les bains peuvent alterner entre usage commun et réservation familiale selon l’heure.
Une atmosphère calme ne signifie pas une obligation de silence absolu. Les conversations courtes et discrètes sont admises, mais les éclaboussures, les plongeons et les longues vidéos ne correspondent pas au lieu. Si vous voyagez avec des enfants, privilégiez un bain privatif. Cela évite de leur demander une immobilité irréaliste dans un espace partagé.
La région de Gunma est une option solide pour associer ryokan et sources chaudes. Kusatsu reste très fréquentée, tandis que Minakami ou Ikaho proposent des rythmes différents selon la saison. Les voyageurs attirés par les paysages enneigés peuvent aussi comparer les destinations japonaises sous la neige avant de bloquer leurs dates.
Le bain devient beaucoup plus simple dès lors que l’on comprend son ordre précis. Se laver, entrer calmement, respecter l’espace partagé et prendre son temps suffisent dans la plupart des situations.
Repas kaiseki et saisonnalité dans l’expérience du ryokan
Dans de nombreuses auberges, le dîner est aussi attendu que la chambre. Le kaiseki ryori, ou cuisine kaiseki, désigne un repas composé de plusieurs préparations servies dans un ordre précis. Il ne s’agit pas simplement d’un menu abondant. Les produits, les cuissons, les couleurs des plats et la vaisselle cherchent à traduire la saison et la région où vous séjournez.
Un repas de printemps peut faire apparaître des pousses de bambou, des légumes de montagne ou des poissons de rivière. En automne, les champignons, le riz nouveau et les préparations aux châtaignes sont fréquents. Sur la côte, les poissons et coquillages prennent une place plus grande. Dans les montagnes, les légumes locaux et les viandes régionales peuvent structurer le menu. La présentation est soignée, mais le propos reste très concret. Vous mangez ce que le territoire produit à ce moment-là.
Le dîner comprend souvent une succession de petites assiettes, un sashimi, une préparation grillée, un plat mijoté, du riz, une soupe et un dessert. Certains plats arrivent sur un brasero individuel. D’autres sont déjà dressés lorsque vous vous installez. Les menus varient beaucoup selon le niveau de prix et le positionnement de la maison. Un ryokan familial peut proposer une cuisine généreuse et locale sans viser la sophistication d’une adresse gastronomique.
Le petit-déjeuner japonais est généralement salé. Riz, soupe miso, poisson grillé, œuf, légumes marinés et thé composent une base courante. Les habitudes changent d’un établissement à l’autre. Quelques auberges offrent une alternative occidentale, mais il vaut mieux ne pas la supposer. Le petit-déjeuner est souvent servi à une heure fixée, entre 7 h 30 et 9 h, ce qui peut influencer l’horaire de votre départ.
Le service a lieu dans la chambre, dans une salle privée ou dans une salle commune. La chambre offre une expérience plus intime, mais elle peut imposer des horaires plus rigides et un tarif supérieur. La salle commune facilite parfois l’accueil des familles et des voyageurs ayant des contraintes alimentaires. Dans tous les cas, prévenez avant l’arrivée si vous êtes végétarien, vegan, allergique ou si vous ne consommez pas certains produits.
Les options végétariennes, sans gluten, halal ou adaptées aux allergies sévères ne peuvent pas être considérées comme acquises. Le bouillon dashi, très présent dans la cuisine japonaise, est souvent préparé à partir de bonite séchée. Un plat qui semble végétal peut donc ne pas l’être. Contactez directement l’établissement plusieurs jours ou semaines à l’avance, avec une explication simple et précise de vos restrictions.
| Formule de séjour | Ce qu’elle comprend souvent | Budget repère par personne | Pour quel rythme |
| Ryokan sans repas | Chambre japonaise, bain commun ou privé selon l’adresse | 8 000 à 15 000 yens | Étape courte ou voyageurs autonomes |
| Une nuit avec dîner et petit-déjeuner | Chambre, futon, repas de saison et souvent accès au bain | 15 000 à 25 000 yens | Séjour culturel complet |
| Maison haut de gamme avec bain privé | Service élaboré, grande chambre, kaiseki et rotenburo privatif possible | 30 000 yens et plus | Occasion particulière et séjour lent |
Ces prix restent des repères utiles en 2026. Ils s’entendent généralement par personne, et non par chambre, ce qui surprend lors de la première réservation. Les week-ends, les vacances japonaises, la floraison des cerisiers et la saison des feuillages d’automne font monter les tarifs. La Golden Week, fin avril et début mai, est particulièrement tendue pour les disponibilités.
Renoncer aux repas peut faire baisser la note, mais cela modifie le sens du séjour. Dans un village où les commerces ferment tôt, cette formule peut même devenir peu pratique. À l’inverse, dans une grande ville, elle laisse davantage de liberté. Il faut choisir selon le lieu, non selon une règle générale.
Le repas kaiseki ne demande pas de maîtriser des codes compliqués. Goûtez, prenez le temps et remerciez le personnel. Cette table donne une dimension concrète à l’authenticité d’un ryokan lorsqu’elle repose sur des produits, une saison et une cuisine réellement liés au lieu.
Choisir un ryokan au Japon selon la région, la saison et le budget
Le bon établissement dépend d’abord de l’itinéraire. Réserver une auberge prestigieuse à trois heures de votre prochaine étape peut transformer une parenthèse calme en journée de correspondances. Mieux vaut placer cette nuit entre deux journées légères, idéalement avec une arrivée avant 16 h et un départ sans course vers la gare.
Hakone reste une option facile depuis Tokyo. Le trajet prend environ 1 h 30 à 2 h selon la gare de départ et le type de train. La région convient à un premier séjour grâce à son réseau, à ses sources thermales et à ses vues possibles sur le mont Fuji par temps clair. Elle est aussi très fréquentée. Les tarifs y sont élevés les week-ends et les meilleures chambres partent vite.
Kyoto attire pour ses maisons anciennes et son patrimoine urbain. Ce choix est pertinent si vous souhaitez une soirée posée dans une demeure de style traditionnel après les visites. Il faut toutefois savoir que beaucoup de ryokan de Kyoto ne disposent pas d’onsen naturel. Le budget sert davantage l’emplacement, l’architecture et le service que l’expérience thermale. Pour les voyageurs qui souhaitent combiner hébergement japonais et visites de quartier, cela reste une formule cohérente.
Takayama offre un rapport plus direct avec les montagnes, les maisons de bois et la cuisine de Hida. Les ryokan des environs peuvent être associés à Hirayu Onsen ou Okuhida pour les bains thermaux. L’accès est plus long depuis Tokyo ou Kyoto, mais la destination mérite deux nuits plutôt qu’un simple passage. Le guide pour visiter Takayama et ses environs permet de préparer cette étape sans sous-estimer les temps de trajet.
Kanazawa propose une autre approche. La ville est connue pour ses quartiers préservés, ses jardins et son artisanat, mais les ryokan les plus thermaux se trouvent souvent à l’extérieur. Le choix convient aux personnes qui veulent découvrir une ville à taille humaine tout en réservant une adresse soignée. Consultez aussi les repères pour organiser une visite de Kanazawa si vous hésitez entre une nuit en centre-ville et une escapade dans une station voisine.
La saison modifie fortement l’expérience. Le printemps apporte des températures agréables mais aussi une forte demande autour des cerisiers. L’été peut être humide et chaud dans les plaines, tandis que les régions d’altitude restent plus respirables. L’automne convient bien aux séjours en montagne, surtout de mi-octobre à fin novembre selon les régions. L’hiver est superbe dans les stations thermales de Tohoku, Nagano ou Hokkaido, mais les vêtements, les transferts et les horaires doivent être préparés avec sérieux.
Pour une première nuit, prévoyez un budget global réaliste. Une formule à 20 000 yens par personne avec dîner et petit-déjeuner peut sembler coûteuse face à un hôtel d’affaires à 8 000 yens. La comparaison est pourtant imparfaite. Le repas du soir, le petit-déjeuner, le bain et le service sont inclus dans une grande partie des offres. Vérifiez toujours ce qui est compris avant de juger un tarif.
Les réservations demandent quelques vérifications simples. Lisez les horaires de check-in, les conditions concernant les enfants, les tatouages, les bains privatifs et les repas. Cherchez aussi la taille réelle de la chambre, l’existence d’une salle de bain privée et la distance à pied depuis la gare. Une maison à vingt minutes en taxi d’une petite gare peut devenir compliquée après la tombée de la nuit.
La page dédiée à l’organisation d’un séjour en ryokan complète ces points pratiques, notamment pour comparer une auberge de ville et une maison installée dans une station thermale. Pour les disponibilités, l’Association japonaise des auberges traditionnelles publie également des informations en français sur les établissements affiliés.
Un ryokan traditionnel ne se choisit donc pas uniquement pour sa photo de bain en plein air. La région, la saison, la logistique et les repas déterminent la qualité réelle de la parenthèse que vous allez vous offrir.
Préparer son séjour en ryokan et respecter l’hospitalité japonaise
La préparation commence au moment de réserver. Indiquez le nombre exact d’occupants, l’âge des enfants lorsqu’il y en a, vos besoins alimentaires et votre heure d’arrivée prévue. Au Japon, une réservation de chambre ne fonctionne pas toujours comme dans un hôtel international. Le tarif est fréquemment calculé par personne, avec des repas préparés selon le nombre annoncé.
Arrivez si possible avant le début du service du dîner. Dans beaucoup d’adresses, le check-in est prévu entre 15 h et 18 h. Après 19 h, certaines cuisines ferment ou ne peuvent plus assurer le repas réservé. Un message transmis dès que vous connaissez votre retard évite un malentendu. Les petites maisons ont moins de personnel et ne peuvent pas maintenir une réception ouverte comme un grand hôtel.
À l’entrée, le personnel vous indique généralement l’endroit où déposer vos chaussures. Utilisez les chaussons fournis sur les sols durs, puis retirez-les avant de marcher sur le tatami. Gardez les toilettes et leurs chaussons dédiés bien séparés du reste de l’établissement. Ces gestes ne sont pas un examen de culture japonaise. Ils permettent simplement de circuler proprement dans des espaces partagés.
Le service peut être très attentionné sans inviter à une familiarité excessive. Adressez-vous au personnel avec calme, évitez de laisser vos affaires éparpillées dans les couloirs et respectez les horaires annoncés. Un remerciement simple, arigatō gozaimasu, signifie « merci » dans une forme polie. Il suffit largement, même si vous ne parlez pas japonais.
Les pourboires ne sont pas attendus. Dans certains ryokan anciens, une enveloppe peut parfois être donnée dans des circonstances particulières, mais ce geste n’est ni obligatoire ni nécessaire pour recevoir un bon service. Insister peut mettre le personnel mal à l’aise. Le prix inclut déjà la prestation annoncée.
La réception d’un repas en chambre demande un peu de souplesse. Le personnel entre pour installer les plats puis revient parfois débarrasser ou préparer le futon. Rangez les objets personnels et laissez un accès libre à la table. Si vous préférez plus d’intimité, choisissez dès la réservation une formule avec repas en salle privée ou commune.
- Vérifiez les horaires d’arrivée et de dîner avant de réserver le train ou la voiture de location.
- Demandez par écrit la politique sur les tatouages, les bains privatifs et les restrictions alimentaires.
- Préparez un petit sac pour le bain avec une serviette, des sous-vêtements propres et vos produits personnels si nécessaire.
- Voyagez avec un bagage maniable, surtout dans les auberges anciennes ou les villages accessibles par bus.
- Réservez plusieurs mois à l’avance pour les cerisiers, les feuillages d’automne, les week-ends et les périodes de vacances japonaises.
La discrétion sonore mérite aussi une attention particulière. Les murs légers, les portes coulissantes et les couloirs en bois transmettent facilement les bruits. Réglez votre téléphone en mode silencieux, évitez les vidéos diffusées sans écouteurs et gardez les conversations de groupe pour l’extérieur ou le salon prévu à cet effet.
Cette forme d’hébergement peut sembler codifiée, mais elle reste accueillante pour les visiteurs qui découvrent le Japon. Le personnel est habitué aux voyageurs étrangers et explique généralement les usages avec patience. Une erreur ponctuelle ne pose pas problème lorsque l’attitude reste respectueuse. Observer les gestes des autres hôtes permet souvent de comprendre immédiatement quoi faire.
La question de l’accessibilité doit être posée sans détour. Certains bâtiments historiques comportent des marches, des couloirs étroits, des salles de bain communes et des couchages au sol. D’autres proposent des chambres adaptées, des lits, des ascenseurs et des bains privatifs. La précision donnée avant la réservation permet d’éviter une expérience décevante pour vous comme pour l’établissement.
Passer une nuit dans un ryokan revient à adopter, le temps d’une étape, une autre manière de voyager. L’horaire du dîner, le bruit feutré des couloirs, le soin du bain et la chambre transformée pour la nuit donnent une forme concrète à cette hospitalité.
Combien coûte une nuit dans un ryokan japonais ?
Comptez le plus souvent entre 15 000 et 25 000 yens par personne pour une nuit avec dîner kaiseki et petit-déjeuner. Les auberges simples sans repas peuvent coûter moins cher, tandis qu’une chambre avec bain privé fait rapidement monter le tarif.
Faut-il porter le yukata dans un ryokan ?
Le yukata est généralement fourni et son port est apprécié dans la chambre, les couloirs et parfois pour aller au bain. Il reste facultatif. Fermez toujours le vêtement avec le pan gauche sur le pan droit.
Peut-on entrer dans un onsen avec un tatouage ?
Les règles varient selon les établissements. Certains acceptent tous les tatouages, d’autres demandent de les couvrir ou refusent les bains communs. Vérifiez cette politique avant de réserver, ou choisissez un bain privatif.
Les repas végétariens sont-ils disponibles en ryokan ?
Ils existent dans certaines maisons, mais ne sont pas systématiques. Prévenez l’établissement longtemps à l’avance et précisez les ingrédients exclus, car le bouillon dashi contient souvent de la bonite.