En bref
- Comprendre les onsen comme des sources chaudes régies par une loi précise, un vocabulaire riche et une longue histoire bouddhique et féodale.
- Maîtriser l’étiquette des bains japonais : nudité, lavage méticuleux, silence et gestion de la fameuse petite serviette pour éviter les faux pas.
- Explorer les grandes régions thermales : Hakone aux portes de Tokyo, Beppu et Yufuin sur Kyûshû, les onsen rustiques du Tôhoku, chacun avec un style de thermalisme différent.
- Choisir son ryokan en fonction du budget, du type de bain (privé, extérieur, mixte) et de l’accès, tout en profitant de la cuisine locale en demi-pension.
- Planifier un itinéraire qui combine bains, nature, culture et festivals, en optimisant les transports grâce aux passes régionaux.
Onsen japonais : définition, histoire et vocabulaire pour comprendre les bains thermaux
Un onsen désigne au Japon une source chaude d’origine volcanique, utilisée pour le bain. Le terme ne s’applique pas à n’importe quelle eau tiède : la législation impose une température naturelle d’au moins 25 °C et une composition minérale spécifique pour qu’une eau soit reconnue comme telle.
Le pays recense environ 27 000 sources répertoriées, dont un peu plus de 3 000 exploitées commercialement. Autour de ces points d’eau se sont développées des régions thermales entières, avec villages, auberges et réseaux ferroviaires dédiés. L’expérience ne se limite donc pas au bain ; elle structure un paysage, une économie locale et un art de vivre.
Pour s’orienter, quelques mots reviennent partout. Onsen donc pour la source et, par extension, l’établissement qui la capte. Sentō pour le bain public urbain, alimenté le plus souvent par l’eau de ville chauffée. Rotenburo pour un bassin extérieur à ciel ouvert, souvent entouré de rochers ou de pins. Uchiburo pour le bain intérieur, abrité dans le bâtiment principal. Ashiyu enfin pour ces bains de pieds gratuits parfois installés près des gares ou dans les rues commerçantes.
Historiquement, les onsen apparaissent déjà dans les chroniques du VIIIᵉ siècle. Les moines bouddhistes y voient un acte de purification, plus proche d’un rituel que d’un loisir. À partir des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, les seigneurs féodaux aménagent leurs propres pavillons de bain, avec bassins privés dominant les vallées. Au XIXᵉ siècle, l’essor du chemin de fer ouvre ces enclaves aux marchands puis au grand public : les villes thermales comme Hakone deviennent des lieux de villégiature pour les habitants de Tokyo.
Depuis quelques années, les autorités japonaises insistent sur la dimension environnementale. De grands groupes comme Hoshino Resorts récupèrent la chaleur résiduelle des bassins pour tempérer les chambres, alimenter des réseaux de chauffage ou produire une partie de leur électricité. Cette logique de recyclage répond à la fois à des enjeux de sobriété énergétique et à la volonté de préserver les nappes chaudes.
La diversité des eaux impressionne. Une source soufrée diffuse parfois une odeur d’œuf, mais offre une couleur laiteuse spectaculaire. Une eau ferrugineuse, comme le fameux Kinsen d’Arima, vire à l’ambre foncé et tache les serviettes. Les eaux carbonatées pétillent légèrement sur la peau, tandis que les sources chlorurées rappellent la mer par leur salinité. Sans entrer sur le terrain médical, de nombreux Japonais attribuent traditionnellement à ces compositions des effets sur la circulation ou la peau. Pour toute question de santé, la référence reste un professionnel médical, pas le panneau à l’entrée du bain.
Les contrastes géographiques sont nets. À Fujisan Onsen, les bassins se trouvent à plus de 1 000 m d’altitude, avec vue directe sur le mont Fuji. À l’opposé, les eaux riches en fer d’Arima montent du sous-sol de la région de Kobe. Ce lien entre volcanisme et bain structure une grande partie de la cartographie touristique du pays.
Cette trame historique et géologique prépare le terrain à ce qui fait la singularité des bains japonais : une étiquette stricte mais logique, que les voyageurs étrangers apprennent vite lorsqu’elle est expliquée clairement.
Vocabulaire pratique à retenir avant d’entrer dans un onsen
Quelques termes japonais suffisent pour lire les panneaux et comprendre les règles d’usage. Daiyokujō désigne la grande salle de bains commune d’un hôtel ou d’un ryokan. Kazokuburo indique un bain familial privatisable, intéressant pour les personnes pudiques ou tatouées. Kakeyu renvoie au petit seau ou à la douche que l’on utilise pour s’asperger avant d’entrer dans le bassin principal.
Sur les portes, les caractères 女 (onna) et 男 (otoko) distinguent les bains femmes et hommes, souvent avec un rideau rouge pour les premières et bleu pour les seconds. Certaines maisons inversent les bassins matin et soir ; un passage rapide par le vestiaire pour vérifier évite les confusions.
Enfin, le mot ryokan mérite un éclairage. Il ne s’agit pas seulement « d’un hôtel japonais », mais d’une auberge traditionnelle où le bain, le repas et la chambre forment un tout. Dans ce cadre, l’onsen, la cuisine locale servie en kaiseki et le futon sur tatami composent une seule expérience, que l’on vit par étapes dans la même journée.
Avec ces repères, l’entrée dans l’univers des bains devient moins abstraite. Reste à comprendre comment s’y comporter concrètement, depuis le vestiaire jusqu’au moment où l’on se sert un verre de lait après le bain.

Étiquette des onsen : règles d’usage détaillées des bains japonais
L’étiquette dans un onsen repose sur une idée simple : préserver une eau propre et une atmosphère calme pour tous. Les Japonais attendent des visiteurs étrangers qu’ils soient curieux et respectueux, pas parfaits. Quelques repères suffisent pour éviter les malentendus.
Le parcours se déroule en trois temps. D’abord le vestiaire, où l’on enlève ses vêtements et ses bijoux. Ensuite la zone de lavage, avec douches et tabourets. Enfin le bassin de sources chaudes, uniquement destiné à la détente. Confondre lavage et trempage représente l’erreur la plus fréquente pour un premier bain.
Vestiaire et nudité : comprendre le code sans stress
Dans la quasi-totalité des établissements, la nudité est la norme. Les maillots de bain, shorty et brassières sont interdits dans les bassins communs. Quelques complexes de loisir ou piscines thermales proposent des zones en maillot, mais ils se présentent alors davantage comme des parcs aquatiques que comme des onsen traditionnels.
Les vestiaires sont séparés par genre. On y trouve des casiers, des paniers et souvent des distributeurs de boissons. Une petite serviette, appelée tenugui, est autorisée pour traverser la zone de douches. Elle sert aussi à se sécher légèrement avant de revenir au vestiaire, afin de ne pas inonder le sol.
La question des tatouages reste sensible. Longtemps associés aux milieux criminels, ils sont encore refusés dans certains bains. Une enquête de 2025 auprès de stations thermales indiquait qu’environ six établissements sur dix toléraient désormais les petits motifs, parfois à condition de les couvrir avec des patchs. En cas de doute, mieux vaut contacter l’onsen à l’avance ou opter pour un kazokuburo privatisable.
Zone de lavage : propreté avant tout
Avant de toucher au bassin, tout le monde se lave assis sur un petit tabouret, face au mur ou au miroir. Shampooing, savon et parfois produits de soin sont fournis. L’objectif est de se nettoyer soigneusement de la tête aux pieds, puis de se rincer entièrement pour ne laisser aucune trace de mousse.
Un schéma courant consiste à se rincer d’abord le bas du corps, puis à se tremper quelques minutes dans un bassin plus tiède, avant de revenir se laver en profondeur. Ce va-et-vient aide le corps à s’habituer à la chaleur. Les personnes aux cheveux longs les attachent pour éviter que des mèches flottent dans l’eau.
Dans cette zone, certains comportements posent problème. Se raser, se couper les ongles ou se teindre les cheveux sont mal vus, car les onsen ne sont pas des salles de bain privées. Rincer son espace après usage, replacer tabouret et seau correctement participe au respect du groupe.
Bassin de trempage : silence, serviette et sécurité
Une fois lavé, chacun se dirige vers le bassin principal. L’entrée se fait lentement : la température varie de 38 à plus de 43 °C, parfois davantage dans les onsen très chauds. Une immersion trop rapide peut surprendre ou faire tourner la tête. Les habitués commencent par s’arroser les jambes et le ventre avec un seau pour préparer la circulation.
La tenugui ne doit jamais baigner dans l’eau. Deux options : la poser sur le bord, à portée de main, ou la plier sur la tête, ce que l’on voit souvent dans les bains extérieurs. Outre la tradition, ce geste aide à limiter la sensation de chaleur en maintenant une partie du corps au frais.
Le bassin n’est ni une piscine ni un spa de parc d’attraction. Nage, plongeons, éclaboussures et jeux bruyants sont proscrits. Les conversations à voix basse restent bienvenues, mais les éclats de rire trop forts ou les appels vidéo dérangent. De nombreux établissements interdisent totalement les téléphones dans l’espace de bain pour protéger l’intimité des baigneurs.
La gestion de l’alcool tient aussi du bon sens. Se présenter en état d’ivresse ou avec la gueule de bois dans une eau très chaude augmente les risques de malaise. Plusieurs onsen affichent un rappel visible interdisant l’accès aux personnes manifestement alcoolisées. Une boisson fraîche après le bain fait partie du rituel, pas avant.
Règles d’usage résumées dans un tableau pratique
| Situation | Geste à éviter | Alternative respectueuse |
|---|---|---|
| Arrivée au bain | Garder son maillot ou son t-shirt | Se mettre nu dans le vestiaire, utiliser une petite serviette pour se couvrir |
| Zone de lavage | Se rincer debout sans utiliser le tabouret | S’asseoir, se laver entièrement, rincer l’espace ensuite |
| Cheveux longs | Les laisser flotter dans le bassin | Les attacher au-dessus de la nuque avant d’entrer |
| Serviette | La tremper dans l’eau pour se couvrir | La poser sur le bord ou sur la tête, en dehors du bassin |
| Ambiance | Parler fort, courir, éclabousser | Marcher calmement, chuchoter, s’immerger en douceur |
En gardant ces quelques repères, l’expérience devient fluide. L’onsen se transforme alors en vraie pause, bien loin d’une succession de règles abstraites.
Hakone, Beppu, Tôhoku : grands paysages du thermalisme japonais
Passer du guide d’étiquette à la carte du Japon permet de visualiser où vivre ces bains japonais. Trois pôles ressortent volontiers pour un premier voyage : Hakone près de Tokyo, Beppu et Yufuin sur l’île de Kyûshû, et plusieurs vallées thermales du Tôhoku au nord de Honshū. Chacun propose un visage différent du thermalisme.
Hakone : onsen volcaniques et vue sur le mont Fuji
Hakone se situe à environ 85 minutes de Shinjuku en train Romancecar ou via la ligne Odakyū. La région occupe une ancienne caldeira volcanique dominée par les fumerolles d’Owakudani. Beaucoup de voyageurs combinent téléphérique, promenade en bateau sur le lac Ashi et bain extérieur avec vue sur le mont Fuji lorsque le ciel est dégagé.
Un programme classique sur deux jours peut inclure le téléphérique jusqu’à Owakudani, la dégustation des œufs cuits dans le soufre, puis un bain panoramique à KAI Hakone. Le lendemain, la visite du musée en plein air de Hakone, parsemé de sculptures de Niki de Saint Phalle et de Calder, s’enchaîne facilement avec une mini-croisière sur le lac.
Pour l’hébergement, Gora Kadan occupe l’ancienne villa d’une famille impériale, avec bassins en bois de cyprès et service très formel. KAI Hakone, géré par Hoshino Resorts, propose une approche plus contemporaine : chambres épurées, animations culturelles en soirée, parfois ateliers de tambour taiko ou de calligraphie. Un Hakone Free Pass simplifie les déplacements en funiculaire, bus et bateau, tout en réduisant les coûts.
Les voyageurs qui souhaitent muscler leur étape culture peuvent relier Hakone à Kyoto et ses quartiers de temples, où certains itinéraires combinent visites de sanctuaires et bains à Arima Onsen en excursion depuis la ville.
Beppu et Yufuin : Kyûshû entre vapeur et campagne
Sur l’île de Kyûshû, la ville de Beppu s’impose comme une capitale géothermique. On y recense des milliers de bouches de vapeur, et la quantité de vapeur dégagée chaque jour se compte en dizaines de milliers de tonnes. Les ruelles de quartiers comme Kannawa sont ponctuées de nuages blancs qui sortent du sol ou des toits.
Le circuit des Jigoku Meguri, souvent traduit par « tour des Enfers », montre les bassins les plus spectaculaires : eau bleue cobalt de Umi Jigoku, mare rouge de Chinoike Jigoku, bains de boue de Tatsumaki. Ces sites sont davantage des visites que des lieux où se baigner, mais complètent bien une journée de trempage dans des établissements publics plus classiques.
Pour une expérience plus contemplative, beaucoup plébiscitent le Suginoi Hotel. L’immense bassin extérieur sur le toit offre une vue à 180° sur la baie, et l’établissement joue sur la lumière avec des projections le soir. Davantage hôtel que ryokan, il facilite la découverte des onsen à celles et ceux qui préfèrent une atmosphère plus internationale.
À une trentaine de kilomètres se trouve Yufuin, village de campagne entouré de montagnes. Lac Kinrin embrumé au lever du jour, cafés artisanaux, pâtisseries au lait local dessinent une ambiance plus douce. Des hébergements comme Yufuin Gettouan alignent des villas avec bassins privés ouverts sur un jardin de bambous, idéale pour qui veut l’intimité sans renoncer à l’eau thermale.
Tôhoku et Hokkaidō : onsen rustiques et neiges profondes
Au nord de Honshū, la région du Tôhoku rassemble plusieurs onsen où l’on se baigne parfois sous la neige, entouré de hêtres et d’érables. Les routes se ferment en hiver, ce qui donne à certains villages une atmosphère isolée recherchée par les Japonais en quête de calme.
Osawa Onsen, dans la préfecture d’Iwate, possède un bassin mixte historique donnant sur la rivière. La bâtisse date du milieu du XIXᵉ siècle et a conservé ses couloirs en bois sombre, ses tatamis qui grincent et sa salle à manger commune. La connexion y est volontairement limitée, ce qui encourage une forme de déconnexion forcée.
Nanukamachi Onsen, plus au sud dans la préfecture de Fukushima, se niche au milieu de forêts. Ses bassins extérieurs entourés de cyprès sont éclairés le soir par des lanternes, avec une brume qui s’élève de l’eau chaude. Les panneaux d’étiquette proposent désormais des explications en plusieurs langues, ce qui rassure les visiteurs étrangers.
Un peu plus au nord, sur l’île de Hokkaidō souvent intégrée aux circuits « nordiques », le complexe Zaborin près de Niseko offre des villas individuelles avec deux bains privés par chambre, l’un intérieur, l’autre extérieur. La vue sur le mont Yōtei, surnommé le « petit Fuji », justifie à elle seule le déplacement pour de nombreux amateurs de paysages.
Pour explorer cette région efficacement, les compagnies ferroviaires ont mis en place des passes régionaux couvrant plusieurs préfectures, souvent valides cinq jours sur une période de quinze. Ces formules, combinées à des nuits en demi-pension dans les ryokan, permettent de maîtriser un budget qui grimperait vite en réservant tout à l’unité.
En se laissant porter de Hakone à Kyûshû puis vers le nord, on mesure à quel point les onsen structurent l’archipel, du week-end citadin au séjour de neige prolongé.
Choisir son ryokan onsen : budget, types de bains et cuisine locale
Une fois la région choisie, reste à décider où dormir. Le choix d’un ryokan conditionne fortement l’expérience des bains japonais. Entre pension de famille à 8 000 yens la nuit et établissement de prestige dépassant les 100 000 yens, les écarts sont considérables, mais suivent des critères lisibles.
Types de bains proposés et accès
Premier point à vérifier : la nature des bains disponibles. Certains ryokan se contentent de bassins intérieurs séparés par genre. D’autres ajoutent un rotenburo extérieur, parfois avec vue sur une vallée ou un jardin. Les établissements haut de gamme proposent des bains privatifs par chambre, très recherchés par les couples et les personnes qui préfèrent éviter la nudité en commun.
La question de l’accès compte autant. Un ryokan accessible en bus depuis une grande gare permet d’arriver avec un simple bagage à main, quitte à envoyer sa valise par service de livraison. D’autres nécessitent voiture de location ou navette privée, ce qui ajoute un coût et limite la flexibilité en cas d’intempéries hivernales.
Pour illustrer les différences de positionnement, le tableau suivant présente quelques adresses souvent citées par les voyageurs, avec un ordre de grandeur de prix par personne en demi-pension.
| Nom | Région | Prix moyen (¥) | Particularité |
|---|---|---|---|
| Gora Kadan | Hakone | 90 000 | Ancienne villa impériale, service très formel |
| KAI Hakone | Hakone | 45 000 | Programmes culturels, design contemporain |
| Zaborin | Niseko | 110 000 | Villa privée, deux bains par chambre |
| Yufuin Gettouan | Oita | 38 000 | Jardin de bambous, atmosphère intimiste |
| Suginoi Hotel | Beppu | 20 000 | Immense bassin panoramique sur la baie |
| Fujisan Onsen | Yamanashi | 28 000 | Vue directe sur le mont Fuji |
| Osawa Onsen | Iwate | 13 000 | Bassin mixte, bâtiment historique |
Ces montants incluent presque toujours le dîner et le petit-déjeuner, en plus de l’accès illimité aux bains. Comparé à une nuit en hôtel simple plus deux repas pris à l’extérieur, l’écart se réduit vite, surtout dans les zones rurales où les restaurants ferment tôt.
Cuisine locale et format des repas
La cuisine locale constitue l’autre pilier d’un séjour thermal. Les dîners prennent souvent la forme d’un kaiseki, succession de petits plats construits autour des produits de saison : poissons de la baie voisine, légumes de montagne, champignons, bœuf régional. À Beppu par exemple, certains menus cuisent directement des légumes ou du pudding dans la vapeur d’onsen.
La plupart des ryokan adaptent les recettes aux goûts et aux restrictions alimentaires si la demande est faite en amont. Sans garantie d’une carte exhaustive, signaler à l’avance une allergie ou un régime particulier reste indispensable. Le petit-déjeuner mêle généralement riz, poisson grillé, soupe miso et petits accompagnements, parfois complétés par des options occidentales.
Politiques tatouage et confort moderne
Face à une clientèle internationale croissante, de nombreux établissements affichent désormais clairement leur politique vis-à-vis des tatouages sur leur site de réservation. Certains refusent l’accès aux bains communs mais proposent un créneau nocturne privatisé, ou des chambres avec bain individuel alimenté par l’onsen.
Concernant le confort, la ligne bouge aussi. Les ryokan historiques conservent futons posés à même le tatami, portes coulissantes en papier et éclairages doux. D’autres mixent tatami et lits bas, salles de bain occidentales et climatisation performante. Relire les commentaires récents permet de savoir si l’isolation phonique et le chauffage correspondent à ses attentes, en particulier pour un voyage en plein hiver dans le Tôhoku.
Un dernier paramètre pèse lors des imprévus climatiques. Après la tempête Nanmadol en 2024, certains voyageurs hébergés dans des chaînes comme Hoshino Resorts ont bénéficié de transferts ou changements d’établissement sans frais, ce qui sécurise un itinéraire complexe. À l’inverse, un petit ryokan isolé offrira plus de charme, mais moins de marge de manœuvre en cas de blocage des routes.
En croisant type de bains, budget, accès et style d’hospitalité, chacun peut trouver la maison qui correspond à sa manière de vivre les onsen, du bain discret au séjour centré sur le luxe.
Composer un itinéraire onsen entre détente, culture et saisons
Les onsen se prêtent bien à un voyage centré sur la détente, mais ils s’intègrent aussi dans un circuit plus large. Construire un itinéraire cohérent permet de varier paysages, niveaux de confort et intensité culturelle, tout en évitant de passer ses journées dans le train.
Exemple de parcours sur deux semaines
Un schéma courant consiste à alterner villes et campagnes. Commencer par Tokyo offre le temps de se caler au décalage horaire et de se familiariser avec les transports. Un sentō de quartier permet une première approche des bains avant de partir vers une station thermale plus éloignée.
Un exemple de trame sur quatorze jours pourrait ressembler à ceci : deux jours à Tokyo, deux à Hakone, deux à Kyoto avec une journée d’excursion, trois à Beppu, deux à Yufuin et quelques jours dans le nord pour expérimenter un onsen de montagne. Chaque étape apporte une combinaison différente de sources chaudes, balades et visites.
Les amateurs de patrimoine peuvent insérer facilement des journées de temples et de sanctuaires, en s’appuyant sur des ressources détaillant les temples et quartiers de Kyoto. Alterner journée de marche en ville et soir dans le bain aide le corps à encaisser le rythme.
Prendre en compte les saisons et festivals
Les régions thermales se transforment selon la saison. En hiver, les bains extérieurs sous la neige du Tôhoku ou de Hokkaidō attirent ceux qui supportent le froid. Les routes peuvent fermer et les trains être ralentis, en contrepartie les paysages sont spectaculaires et les bassins fumants prennent une dimension quasi irréelle.
Au printemps, les cerisiers en fleurs encadrent certains onsen, notamment autour de Hakone ou de la région de Nikko. Les réservations se remplissent longtemps à l’avance, d’où l’intérêt de bloquer ses nuits plusieurs mois avant un départ de mars ou avril.
L’été apporte festivals de feux d’artifice et événements de rue, très présents à Beppu ou dans les stations balnéaires proches. L’humidité peut rendre les bains très chauds plus difficiles à supporter, à moins de les réserver aux heures les plus fraîches, tôt le matin ou en fin de soirée.
L’automne enfin, avec les momiji, ces érables rougissant sur les pentes, reste pour beaucoup la période la plus agréable. Les températures modérées, la lumière dorée et les couleurs autour des bassins extérieurs créent un contraste doux entre fraicheur de l’air et chaleur de l’eau.
Transport, budget et passes régionaux
Côté transport, le shinkansen relie Tokyo à Hakata (Fukuoka) en quelques heures, ce qui facilite la jonction entre l’est et Kyûshû. Les passes nationaux ont évolué, mais plusieurs passes régionaux permettent encore d’alléger la facture sur quelques jours. Pour un voyage largement centré sur une zone comme le Tôhoku ou Kyûshû, ces formules restent pertinentes.
Les coûts se répartissent généralement entre transport, hébergement en demi-pension et dépenses annexes (cafés, musées, petits souvenirs). Un ryokan à 25 000–30 000 yens par nuit pour deux avec deux repas réduit la nécessité de chercher un restaurant le soir dans des villes parfois minuscules. Sur un itinéraire bien calibré, cela peut même revenir moins cher que des hôtels simples et des repas pris au hasard.
Un point souvent sous-estimé reste la fatigue. Les bains très chauds relaxent profondément, mais peuvent aussi épuiser lorsqu’on enchaîne plusieurs immersions longues par jour. Beaucoup de Japonais alternent 10 minutes dans l’eau et 5 minutes de repos, assis à l’air libre avec une boisson. Ce dosage permet de tenir sur la durée, surtout lors d’un voyage de plusieurs semaines.
Au fil des journées, le bain devient un repère quotidien : un moment sans écran, sans trajet ni obligations, qui sert de ponctuation au voyage et structure les souvenirs.
Combien de temps rester dans un onsen sans risque de malaise ?
Pour la plupart des adultes en bonne santé, des sessions de 10 à 15 minutes dans un bassin à 40–42 °C, entrecoupées de pauses de 5 minutes à l’air libre, suffisent largement. Il est judicieux d’écouter ses sensations, de sortir dès que le cœur bat trop vite ou que la tête tourne, et de boire régulièrement de l’eau. En cas de problème de santé connu, un avis médical préalable reste la meilleure référence.
Les enfants peuvent-ils utiliser les bains japonais ?
Beaucoup d’onsen acceptent les enfants accompagnés, parfois avec des horaires dédiés plus animés. Les règles restent les mêmes : lavage sérieux avant le bain, pas de course ni de plongeon, temps de trempage plus courts en raison de leur sensibilité à la chaleur. Certains établissements proposent des bains familiaux privés pour que parents et enfants se baignent ensemble en toute tranquillité.
Comment savoir si un onsen accepte les tatouages ?
De plus en plus d’établissements indiquent clairement leur politique sur leur site ou sur les plateformes de réservation, avec des pictogrammes. En l’absence d’information, un message court en anglais suffit souvent à obtenir une réponse précise. Si les bains communs sont interdits aux personnes tatouées, il reste l’option des bains privatifs par chambre ou des créneaux familiaux privatisables.
Faut-il apporter son propre savon et sa serviette ?
Les onsen et ryokan fournissent généralement au minimum une petite serviette, une grande serviette dans la chambre, du savon et du shampooing. Certains sentō de quartier, en revanche, louent ou vendent serviettes et produits à part. Vérifier à l’avance permet de décider s’il vaut mieux glisser un petit kit de toilette dans le sac à dos pour éviter les achats répétitifs.
Un onsen est-il adapté à un voyageur très pudique ?
Pour qui rechigne à se déshabiller devant des inconnus, les bains privés représentent une bonne porte d’entrée. De nombreux ryokan proposent des kazokuburo à réserver par créneaux horaires, ou des chambres avec rotenburo individuel. Une autre approche consiste à commencer dans un sentō de quartier moins touristique, tôt le matin, avec peu de monde, afin de s’habituer progressivement à ce type de bain.